Des batteries à base de déchets nucléaires : est-ce vraiment possible ?

16 septembre 2020
batteries déchets nucléaires

[/vc_column_text][vc_column_text]Et si une solution avait été trouvée pour les déchets nucléaires ? En Californie, une start-up (NDB) spécialisée en énergie verte, s’est lancée le pari fou de fabriquer des batteries à l’aide de déchets nucléaires. Ce concept, très prometteur pourrait, d’après l’entreprise, fonctionner plusieurs dizaines de milliers d’années sans être rechargé. Si NDB dit vrai, cette innovation pourrait véritablement bouleverser le secteur de l’énergie.

Jouant le rôle de petits générateurs nucléaires ces batteries en « nanodiamants » possèdent une densité supérieure à celle des batteries lithium-ion actuelles. Ces batteries sont fabriquées avec une durée de vie allant de 10 à 28 000 ans avec une seule charge ! Jugées sans risque et parfaitement sûres, montées sur une voiture électrique, ces batteries nucléaires pourraient garantir une durée de vie estimée à 90 ans pour un tel usage ! De plus il n’y aurait aucun risque de fuite radioactive en cas d’accident. Lors de récents tests effectués, notamment à l’Université de Cambridge, la batterie a pu atteindre un rendement de 40% ce qui est déjà remarquable !

 

Des batteries très prometteuses

La conception de ces batteries très prometteuses repose sur l’usage de déchets nucléaires radioactifs, pour être précis : des pièces de réacteur en graphite ayant absorbé les radiations émanant des barres de combustibles nucléaires. Ces matériaux se révèlent extrêmement dangereux lorsqu’ils ne sont pas traités de manière adéquate et leur stockage reste difficile et très coûteux.

La cellule de la batterie est créée en utilisant plusieurs couches de nano-diamants stockées sur un petit circuit intégré comprenant un supercondensateur en charge de collecter, stocker et délivrer rapidement de l’énergie.

Avec ce procédé, il serait possible de créer des batteries de toutes tailles, du smartphone à la voiture électrique !

Concernant le coût de fabrication de ces batteries capables de s’auto-recharger, l’entreprise californienne estime que le coût serait, dans certains cas, inférieur à celui des batteries lithium-ion, du fait que les entreprises nucléaires seraient prêtes à payer la start-up pour se débarrasser de leurs déchets radioactifs.

Jugées sans danger bien que constituées d’éléments radioactifs, ces batteries émettent moins de rayonnement que le corps humain et pourraient même alimenter des implants médicaux, comme les pacemakers par exemple, dont les piles n’auraient plus besoin d’être changées. En cas de panne, ces batteries pourraient être recyclées afin de créer de nouvelles batteries.

Ces dispositifs ultra-performants, permettraient de résoudre 2 problématiques majeures : la réutilisation des déchets nucléaires et comment rendre les batteries beaucoup plus performantes et durables permettant de réduire considérablement leur impact environnemental. En effet, cette capacité à fournir de l’énergie sur de très longues périodes sans avoir besoin de recharge ou d’entretien, ainsi qu’un impact environnemental proche de 0, font de cette batterie une solution plus que prometteuse pour répondre aux besoins énergétiques mondiaux.

Dans un avenir proche, le but est de tester ces batteries dans des voitures électriques. Elles pourraient se révéler également particulièrement utile pour les réseaux de stockage d’électricité, les batteries domestiques ou encore les engins spatiaux.

La firme affirme avoir établi une preuve de concept et se dit aujourd’hui prête à commencer le développement d’un prototype de faible puissance commercialisable dès que son premier laboratoire sera en mesure de rouvrir ses portes suite à la crise du Covid-19.

Se disant très en avance sur ses concurrents en terme de brevets et de processus de fabrication. La start-up ambitionne de proposer une première version de faible puissance de sa batterie révolutionnaire d’ici 2 ans. Il faudra attendre 5 ans pour une version haute puissance. Les premiers clients, de grands noms de la filière nucléaire et du secteur de la défense et de l’aérospatial, viennent de signer pour bénéficier des premiers prototypes.