Un premier sommet mondial pour sécuriser l’approvisionnement des métaux critiques

3 octobre 2023

 

Les métaux critiques indispensables à la transition énergétique soulèvent de nombreux défis. Le lithium notamment est un composant essentiel des batteries lithium-ion avec le nickel et le cobalt. Il est aujourd’hui souvent comparé à de l’or blanc en raison de sa valeur stratégique. Des smartphones aux véhicules électriques, en passant par les systèmes de stockage d’énergie renouvelable, le lithium est devenu indispensable. Cependant, face à la demande croissante, ces ressources font l’objet de préoccupations quant à leur disponibilité. 

Pour y répondre, le 28 septembre dernier, les représentants de 47 pays, à l’exception de la Chine et de la Russie, se sont réunis lors du premier sommet international consacré aux métaux critiques, organisé par l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE). L’objectif de cet événement est de tracer les contours d’une « diplomatie des métaux ».

Les défis à relever sont multiples et complexes. Comment garantir et diversifier l’approvisionnement ? Comment augmenter la production pour répondre à la demande croissante ? Comment développer le recyclage des métaux ? Comment rendre l’exploitation et l’extraction minière et le raffinage durable ?

 

Des gisements découverts

Les gisements de lithium sont répandus à travers le globe, mais la production est principalement concentrée en Argentine, en Bolivie, au Chili, en Australie et en Chine. Ces pays abritent les plus grands gisements répertoriés. Bien que de nouveaux gisements aient été identifiés en France, au Portugal, en Allemagne et au Mexique, la production demeure largement concentrée dans ces marchés clés. 

En accord avec la demande, des gisements de lithium sont régulièrement découverts. Récemment, un gigantesque gisement a été découvert aux États-Unis, il serait le plus grand jamais encore découvert. 

Le défi majeur est le temps nécessaire pour rendre une nouvelle mine opérationnelle, généralement environ dix ans. Cette lenteur est en grande partie due aux processus de délivrance de nouveaux permis. 

Un exemple concret en France, la société Imerys prévoit d’exploiter le second plus grand gisement de lithium en Europe pour 2028. Ce gisement unique permettrait de fabriquer chaque année 700 000 batteries de véhicules électriques, et ce durant 25 ans. 

Pour en savoir plus : Lithium : le plus grand gisement au monde découvert aux États-Unis

 

La concentration de la production

Alors que nous progressons vers une transition énergétique, la demande en lithium ne cesse de croître. 

Des analyses récentes de la BMI, une unité de recherche de Fitch estiment que nous pourrions faire face à une pénurie de lithium dans un avenir proche. La demande risquant de surpasser l’offre disponible. Pourquoi une telle prévision ? La BMI explique que la demande en lithium de la Chine dépasserait l’offre disponible. À noter que la Chine assure à elle seule « près de 70% de la production des terres rares ». Cependant, toutes les perspectives ne sont pas aussi pessimistes. Lors d’un entretien récent avec l’AFP, le directeur général de l’AIE a estimé que le risque de pénuries «  n’est pas un grand problème ». 

«  Nous avons deux problèmes à régler : d’abord, le raffinage des métaux est très concentré en Chine”. Puis, les process d’extraction et de raffinage miniers « doivent être durables” aussi bien “sur le plan “environnemental que sur le plan social ». 

Lors de ce sommet, les participants ont alors entrepris de concevoir des stratégies visant une diversification des sources d’approvisionnement.

 

Le lithium : pierre angulaire de la transition énergétique

Le lithium est une ressource indispensable pour l’avenir énergétique. Cette évolution doit être surveillée de près pour garantir un approvisionnement stable en batteries lithium-ion et soutenir la transition vers des énergies plus propres. Ce sommet représente un premier pas vers la création d’une agence internationale dédiée aux métaux critiques, sous l’égide de l’ONU ou du G20. Une telle agence permettrait de créer un espace de dialogue entre les pays producteurs et consommateurs, et d’imposer des critères de gouvernance sociale et environnementale dans les principales zones de production.